PASTEUR (suite et fin) : le mythe Pasteur !
Dans des articles précédents, j’ai discuté les travaux de Pasteur sur divers problèmes et j’ai gardé pour la fin ce qui concerne la médecine des vaccins, notamment (mais pas seulement) le vaccin contre la rage qui a fait sa gloire.
Cet article sera un peu plus long que d’habitude afin d’éviter toute forme d’incompréhension. Soyons précis et objectifs ; j’ai mis au pluriel car cela inclut les lecteurs !
J’ai écrit « pas seulement » car avant de travailler sur la rage, Pasteur a travaillé sur d’autres maladies (charbon du mouton, choléra de la poule) qui donnaient l’impression à son époque d’être des maladies infectieuses ; c’est-à-dire causées par des germes. Ce n’est pas le sujet de cet article.
Avant toute chose, je veux rappeler une formule de tonton Guy (Debord) qui s’applique parfaitement aux questions que je vais analyser : « Quand une idée est dans une tête, elle est dans beaucoup d’autres têtes ! »
Et la médecine n’échappe pas à cette règle qui est de l’ordre du sociétal : il n’y a pas des héros (ou très peu) mais un travail collectif qui fait progresser le collectif !
Savoir « qui a été le premier à dire que » est de l’enfantillage et d’un faible intérêt. En général, le premier qui parle doit ensuite se corriger sous l’influence des autres, chacun essayant de se faire passer pour un héros.
A titre personnel et en toute humilité, on m’attribue quelques « découvertes » (qui enragent certains) – je n’entre pas dans les détails – dans divers contextes et à chaque fois j’ai été inspiré par des prédécesseurs. En général, je les nomme même lorsqu’ils sont furieux (et très méchants avec moi) de ne pas se voir attribuer cette découverte. En général (encore), si c’est à moi qu’en général on attribue cette « découverte » c’est parce que mes prédécesseurs n’avaient pas su exprimer (ou décrire) correctement ce qu’ils soupçonnaient. Cela dit, être le premier (ou pas) n’a pas que des avantages car toute nouvelle théorie contredit une ancienne théorie (je parle de « vraie » science et pas de 95% de ce qui nous est servi quotidiennement via les médias), ancienne théorie qui a ses défenseurs qui instantanément deviennent vos ennemis. Tout innovateur a donc des ennemis et ce fut le cas de Pasteur !
Ce qui ne fait pas de Pasteur une victime expiatoire : il sut se défendre et parfois méchamment…
Cette Introduction étant faite, revenons à nos moutons. Et justement, en dehors des vers à soie, la première maladie que Pasteur a étudiée sérieusement (on laisse les annexes de côté) est une maladie du mouton, la fièvre charbonneuse (ou maladie du charbon) ou encore anthrax (en anglais) qui est, comme chacun sait, une des maladies envisagées par les bioterroristes pour terroriser les populations. C’est une maladie bactérienne qui peut certes atteindre les humains mais (en dehors d’une transmission à partir d’animaux malades), à ce jour, il n’y a jamais eu d’épidémie de charbon chez les humains. Passons !
La maladie du charbon (notamment chez les moutons) a fait l’objet de recherches intensives en France et en Allemagne, notamment ; et pour d’évidentes raisons économiques (la laine, la viande). C’est probablement au célèbre médecin allemand Robert Koch que nous devons la découverte de la bactérie (Bacillus anthracis) qui provoque la maladie. Certains prétendent qu’un médecin français [Casimir Davaine : DAVAINE/charbon : https://hal.science/hal-02305925v1/document] aurait précédé Koch de plusieurs années. C’est fort possible mais, vue l’ampleur du travail de Koch, on peut comprendre les honneurs qui lui ont été rendus à ce propos.
Pasteur ne travaille pas (officiellement) sur la bactérie Bacillus anthracis mais nul doute que ses travaux sur la fermentation (la description de « germes » impliqués dans un processus biologique complexe) ont considérablement influencé Koch et Davaine. A mon avis, Pasteur (possiblement handicapé par son AVC en 1868) est bloqué par une idée simple : les germes que d’autres décrivent chez des malades sont-ils la cause de cette maladie ou une des conséquences de la maladie ? Il n’ose pas répondre à cette question. En reproduisant cette maladie chez des animaux par l’injection de substances extraites sur des animaux malades, Davaine et Koch avaient répondu à cette question. On peut comprendre que Pasteur ait été hésitant à le reconnaître.
Comment Pasteur entre dans la problématique de la maladie du charbon ? Réponse : en ayant conduit en 1881 dans une ferme de Pouilly-le-Fort une expérience ensuite considérée comme la première tentative de vaccination contre une maladie.
Certains, probablement à juste raison, disent que l’équipe de Pasteur avait été précédée par le vétérinaire Henry Toussaint qui avait déjà utilisé du matériel extrait d’animaux malades (mais bricolé de diverses façons pour en diminuer la toxicité) pour protéger des animaux sains.
En fait, c’est probablement l’équipe de Pasteur – via un de ses collaborateurs, Charles Chamberland – qui décrivit le procédé d’atténuation d’un agent pathogène qui allait permettre l’invention des vaccins vivants. Ils ont d’abord travaillé sur le choléra des poules puis sur la maladie du charbon.
Je ne doute pas qu’au même moment d’autres investigateurs (notamment Toussaint qui apparemment avait transmis ses résultats à Pasteur pour se les faire expliquer) aient eu des parcours parallèles mais c’est à Pasteur que l’on doit les publications décrivant (assez) précisément les procédés d’atténuation – point crucial de l’épisode – avec l’idée que l’agent pathogène « atténué » était moins toxique (rendait moins malade) tout en protégeant (immunisant) les animaux.
Je reviens brièvement sur la très contestée expérience conduite à la ferme de Pouilly-le-Fort en 1881; au point que certains ennemis de Pasteur en font quasiment un roman policier digne d’Agatha Christie : https://fr.wikipedia.org/wiki/Secret_de_Pouilly-le-Fort
Peu importe la façon dont les germes du charbon ont été « amoindris » ou atténués. L’expérience de Pouilly-le-Fort (sous la conduite de Pasteur) est un succès : 25 moutons reçoivent les substances « amoindries » (ou atténuées) et 25 moutons ne reçoivent rien. Les 50 moutons se voient injecter les germes toxiques, les 25 qui n’ont rien reçu meurent, les 25 (supposément) « protégés » survivent !
On peut dire que c’est un vaccin comparable à celui « inventé » par Jenner contre la variole sauf que la substance vaccinale n’est pas dérivée d’une « autre maladie » bénigne (la vaccine des vaches qu’on pouvait certes considérer comme une forme « atténuée » de variole) mais est dérivée de la maladie visée elle-même (grâce à l’atténuation) ; ce qui ouvre la voie à l’invention de nouveaux vaccins dirigés contre d’autres maladies infectieuses.
Une limite à ce bel exploit [que personne parmi les nombreux témoins n’a jamais contesté] c’est qu’il fut par la suite difficile de reproduire l’expérience (100% d’efficacité) quand elle était conduite par d’autres que l’équipe de Pasteur. Cela a créé un soupçon mais je n’ai aucun argument solide sauf l’épisode de la rage que je vais discuter rapidement.
Que Pasteur ait eu des prédécesseurs ou des inspirateurs est d’un faible intérêt – d’autant plus que nous les connaissons et que rien n’empêche de les honorer – nous devons reconnaître à Pasteur ce mérite d’avoir su le faire savoir. Qu’il en ait profité pour s’enrichir (peut-être) et se « faire valoir » est assez humain, surtout pour quelqu’un de malade et handicapé qui voit approcher ses derniers jours après une longue et pénible carrière d’investigateur.
Qu’on ait construit un mythe Pasteur pour des raisons politiques est une autre affaire qu’on ne saurait reprocher à Pasteur lui-même.
J’arrête ici mon historique des premières expériences de l’honorable Louis Pasteur sur la vaccination pour en venir à la problématique affaire du vaccin contre la rage. Et là, je m’en excuse auprès des admirateurs de Pasteur, c’est le scientifique et médecin moderne qui va donner son opinion car le vaccin contre la rage de Pasteur est une sorte d’icône qui justifierait toute la médecine des vaccins destinés aux humains.
Une des critiques faites à Pasteur (ce n’est pas mon cas) concernant le vaccin contre la rage, c’est qu’il aurait été précédé et donc n’aurait rien inventé. Ce prédécesseur – Pierre Victor Galtier – a conduit de nombreuses expériences sur des chiens et des lapins et a, sans aucun doute, aidé (inspiré) l’équipe de Pasteur. Mais la façon dont il rapporte ses expériences sur la rage [https://www.persee.fr/doc/rmv_0034-1843_1879_num_56_1_2594] sont assez confuses et on peut comprendre que le rigoureux Pasteur (et ses collaborateurs) ait pu les interpréter avec courtoisie mais distanciation. C’eût été ma façon de procéder.
Peu importe. Le point important (à mon avis) c’est que Pasteur et ses collègues vont avoir l’idée – et cela coupera court à bien des questions – d’injecter des extraits de tissus rabiques directement dans le cerveau des animaux pour produire la maladie. Je passe les détails assez morbides – la protection des animaux en recherche médicale est le dernier de leurs soucis – mais ce fut une étape essentielle car les cerveaux étant généralement « stériles », ils évitaient le biais des co-infections : c’était le matériel qu’ils injectaient qui rendaient l’animal malade puisqu’il n’y avait rien d’autre. De plus, le virus de la rage (qu’on ne connaissait pas à l’époque) et surtout toxique pour le cerveau. En injectant du tissu rabique dans le cerveau des animaux, on augmentait la probabilité de produire la maladie. De plus, en testant leurs injections dans diverses espèces animales (lapins, chiens, moutons, singes…), ils constataient des maladies de sévérité variable ce qui suggérait des façons nouvelles d’atténuer les germes de la rage. En particulier, en laissant vieillir – sécher en présence de potasse – des moelles épinières de lapins enragés, ils obtenaient des substances dont le degré de virulence était assez bien défini et très variable en fonction de la durée du vieillissement. Et, réminiscence des expériences de Pouilly-le-Fort, ces observations leur indiquaient qu’un vaccin contre la rage semblable à celui contre le charbon était envisageable. Jusque-là, je n’ai rien à dire ou critiquer.
Ils firent des premières tentatives sur des chiens en leur injectant (en sous-cutané) des broyats de moelles de lapin en commençant par celles qui avaient séché au moins 15 jours et qui avaient perdu toute virulence, selon eux. Apparemment (sans certitude), malgré l’injection de produits toxiques (porteurs du germe de la rage plus ou moins atténués), les chiens ne font pas de rage ; c’est un point important qui certifierait le succès de l’atténuation. Malheureusement, les investigateurs ne disent pas clairement (ou bien ça m’a échappé) si les chiens testés étaient protégés contre la rage (ou pas) et si c’était le cas, selon quelles modalités d’infection.
C’est alors que survient en Juillet 1885 l’épisode de la première vaccination contre la rage chez un humain, l’enfant Joseph Meister qui avait été mordu par un chien supposément enragé qui est amené à Pasteur. En parallèle, il y eût aussi la vaccination antirabique de l’enfant Jean-Baptiste Jupille lui aussi mordu par un chien (peut-être) enragé. En fait, curieusement (à moins que cela m’ait échappé), une claire démonstration que les deux chiens coupables aient été vraiment enragés n’a pas été apportée.
Le protocole appliqué en ce mois de juillet 1885 est très bien décrit (au moins pour l’enfant Joseph Meister), je ne donne pas les détails mais, en bref, l’enfant se voit injecter 13 fois une moelle de lapin infectée en commençant par une moelle de 15 jours, supposément non toxique. Le protocole dure 9 jours. Les dernières moelles injectées avaient desséché une journée seulement et étaient donc hautement toxiques en théorie. Je dis en théorie parce que l’équipe de Pasteur (comme Galtier avant eux) avait montré que la transmission du germe de la rage – je dis germe car les virus sont encore inconnus à l’époque – était très variable en fonction de l’espèce animale et du site d’injection. C’est pourquoi l’équipe de Pasteur avait décidé pour provoquer une rage chez l’animal d’injecter directement dans le cerveau, je le répète.
Pour l’espèce humaine, ils ne savaient rien !
Je résume les résultats : l’enfant Meister n’aura pas la rage – c’est un triomphe de la science médicale française grâce à Pasteur et son équipe – mais on ignore si le chien qui a mordu l’enfant Meister était vraiment enragé et on ignore quels sont les effets biologiques réels des moelles (plus ou moins vieillies) de lapin enragé injectées dans l’espèce humaine.
De même apparemment pour le jeune Jean-Baptiste Jupille.
Pourtant, malgré ces évidences, de nombreuses équipes médicales à travers le monde adoptèrent la méthode antirabique de Pasteur.
Dit autrement, selon les critères de la médecine scientifique moderne, le miracle Meister est, au minimum, douteux !
Plus prosaïquement, ce protocole ne me fait pas penser à une quelconque vaccination – version archaïque ou plus récente – mais plutôt au protocole du Prince Mithridate qui s’accoutuma à ingérer chaque jour de petites doses de divers poisons pour se protéger d’un empoisonnement massif venant de ses proches.C’est ce que certains appellent la « mithridatisation ». En s’accoutumant, le Prince espérait se protéger. Ce procédé est différent, en théorie, de la vaccination (version moderne) qui exige une mémorisation de l’agent pathogène par le système immunitaire et cette mémorisation, on le sait aujourd’hui, nécessite du temps. Le protocole de Pasteur a donc bien peu à voir avec une vaccination. A la décharge de l’équipe de Pasteur, je rappelle qu’à l’époque on ne connait pas le système immunitaire, les immunoglobulines, les antigènes, etcétéra…
Je laisse chacun réfléchir à cet aspect des choses ; tout en rajoutant que, contrairement à ce qui m’a été enseigné (Fac de Médecine Saint-Antoine à Paris dans les années 1970) et selon les témoignages de l’époque, les victimes de morsures de chiens enragés ne faisaient pas systématiquement une rage. Au contraire, toujours selon les dires de l’époque, 4 sur 5 mordus (non vaccinés) échappaient à la rage. Si on ajoute que de nombreuses équipes durent admettre l’échec du protocole chez certains mordus – mais furent accusés par les pasteuriens de ne pas savoir préparer ou administrer les moelles infectées – on peut arriver aisément à la conclusion que les mordus qui échappaient à la rage après avoir été vaccinés selon Pasteur faisaient partie des 4/5 qui de toute façon n’auraient pas eu la rage. Dur de regarder les réalités en face !
On peut se demander aussi – mais on ne le saura jamais – si les mordus vaccinés qui font une rage fatale (notamment en Russie où les documents sont fragiles) étaient tous victimes de la morsure ; et pas parfois de l’injection de moelle de lapins porteurs du virus.
Mon impression générale est que l’histoire du vaccin contre la rage inventée par Pasteur est un simulacre de science médicale, voire une piètre comédie..
L’affaire du vaccin contre la rage de Pasteur annonce ce que va être la médecine des vaccins jusqu’à aujourd’hui : une médecine non scientifique non respectueuse des règles basiques de l’éthique médicale : Convention d’Oviedo, consentement éclairé, etcétéra… Mais l’époque n’était pas ouverte à ce genre de considérations !
Pour des lecteurs de cet article qui ne seraient pas d’accord avec mon interprétation des faits, je recommande la lecture du livre d’un grand admirateur de Pasteur (Michel Morange, « Pasteur » chez Gallimard) à partir de la page 330. Il peut essayer, à partir de la page 337, de sauver son héros ; rien n’y fera à mes yeux !
Pasteur n’est pas le seul héros de l’époque à avoir raconté des bêtises en médecine humaine, faute de méthodologie scientifique appropriée. Le plus bel exemple probablement fut celui de l’allemand Robert Koch – le découvreur du bacille tuberculeux, personne ne le lui conteste – qui prétendit bruyamment (et certainement pour concurrencer le français Pasteur ; triste aspect du patriotisme) avoir ensuite découvert un traitement de tuberculose (la tuberculine) qui s’avéra totalement inefficace en pratique.
Je vais arrêter là ma revue de la vie de Pasteur, le découvreur des vaccins selon le frontispice de l’Institut qui porte son nom et qu’il a créé. La suite de l’histoire jusqu’à son décès est une lente dérive d’un mythe ou d’une version archaïque de la médecine spectaculaire et marchande.
Si vous échangez (avec beaucoup de patience) avec un partisan plus ou moins éduqué de toutes les formes de vaccination – qui aura gentiment évité (provisoirement) de vous traiter d’antivax ou de complotiste – ne soyez pas étonné s’il se réfère presque immédiatement à Pasteur. Vous saurez quoi répondre. Chacun le fera à sa manière, bien sûr, mais sans trop d’espoir de convaincre car quand on se réfère au « sacré », le rationnel et le réel sont peu efficaces…
Il sera dur, et lent, de faire admettre aux populations que la médecine des vaccins n’est pas scientifique – à l’image du premier épisode pasteurien avec la rage !
En attendant, appréciez ce délicieux « Morgen » de Richard Strauss. Tant qu’il y aura du Strauss, on pourra respirer !
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/16/Vaccination_a_delusion_%28electronic_resource%29_-_its_penal_enforcement_a_crime_proved_by_the_official_evidence_in_the_reports_of_the_Royal_Commission_%28IA_b20388718%29.pdf?utm_source=commons.wikimedia.org&utm_campaign=index&utm_content=original
Merci pour ce résumé
Un détail a peut être échappé à Jenner: les possesseurs de vache n’étaient pas protégés de la variole parce qu’ils touchaient le pis des vaches , mais parce qu’ils buvaient le lait qui contient la vitamine A anti infectieuse. La majorité de la population était très pauvre et en malnutrition.
Les conditions de vie se sont beaucoup améliorées fin 19eme , sans parler des guerres.
Voici un livre de l’époque (1898) :
Vaccination a Delusion
PROVED BY THE OFFICIAL EVIDENCE IN THE REPORTS
OF THE ROYAL COMMISSION
BY
ALFRED RUSSEL WALLACE
Dispo gratuit en téléchargement. !
Merci beaucoup de ces intéressants documents.
Cela dit, c’étaient seulement les fermières atteintes de la vaccine qui éteint protégées. Il ne suffisait pas d’avoir « touché » les pis des vaches.
C’est vrai qu’il y a de la vitamine A dans le lait et c’est vrai aussi que lors des flambées de variole, tous les contaminés (non vaccinés) n’étaient pas malades.
J’avoue humblement que l’affaire de la vaccine est ancienne et que contrairement au « Mythe Pasteur » (bien documenté), je n’ai pas beaucoup d’arguments à vous opposer.
Et sans oublier Mantoue, ses trois lacs et la divine Lea Desandre
https://www.youtube.com/watch?v=espsFuw7Aao
Bien sûr, merci !