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Ministère, crédibilité, confiance : le niveau zéro est atteint !

 

Les nouvelles se suivent et se ressemblent (statines, Médiator, vaccins, Depakine, traitement hormonal, thyroïde, mammographie…) ; des actrices s’en mêlent ; des pétitions se multiplient ; des médecins réfractaires témoignent ; déni des autorités face aux évidences ; nullité scientifique ; médias complices dans la désinformation ; inhumanité flagrante des supposés responsables ; mascarade autour des conflits d’intérêt au plus haut niveau de l’état ; sondages catastrophiques ; en deux mots et deux seuls : divorce consommé entre les citoyens et les responsables de la santé du pays !

Ça ne va pas s’arranger et c’était prévisible…

Impératif d’agir et vite ; car les dérapages de toutes sortes s’annoncent catastrophiques ; et il ne faudra pas dire que c’est la faute des lanceurs d’alerte ou des réseaux sociaux ! Vous aurez été prévenus ; et depuis longtemps !

On a atteint le niveau zéro : tout le monde descend !

Plus bas, ce sont les sous-sols, les garages et les poubelles…

L’heure de grandes décisions approchent : faire le ménage ici comme on l’a supposément fait ailleurs !

URGENT, Monsieur le Président ! Ici il faut vraiment le faire !

Un impératif : trancher le cordon ombilical qui relie le Ministère de la Santé aux industries des produits de santé ; ça va faire mal, ce sera hémorragique;  mais il faut le faire…

Car il faut des arbitrages et l’actuel Ministère de la Santé et des industries de produits de santé ne peut assurer cette fonction essentielle dans un état démocratique…

Une fois ça fait, il faudra profondément réformer tout le système actuel ; car plus personne n’y croit et ça n’est pas bon pour la Liberté, l’Égalité et la Fraternité.

Et on fera beaucoup d’économies ; très bon pour le budget !

Et la santé du bon Peuple de France sera améliorée !

Attention, faute de pain, il ne faut pas lui donner des brioches !

Alea jacta est !

 

 

 

 

« La fille de Brest » : leçons et commentaires

 

Une fois compris que c’est un film grand public, donc une sorte de film éducatif, et une fois que nous (professionnel de la santé) avons dépassé les aspects un peu irritants du « spectacle », quels commentaires suscite ce film et quelles leçons peut-on en tirer ?

Affiche frachon

Le mieux évidemment serait d’aller voir le film (les deux heures passent vite) avant de lire ce billet qui n’est évidemment pas une critique style cinématographique, je tiens à le préciser.

Les évènements se passent en 2009 et après, donc environ 5 ans après la tragédie du Vioxx et après que l’auteur de ces lignes aient pris la décision de s’exprimer à propos des statines (autre tragédie) et du cholestérol en général. On avait de l’avance avec les statines mais les deux « affaires » ne se sont jamais croisées ; dommage, on aurait pu s’entraider…

Le scénario de la « fille de Brest » a été écrit (du moins principalement, on s’en doute) par Irène Frachon elle-même ; ce qui donne un personnage vraiment sympa car très humain.

Humble, modeste mais combattive. Un peu vulgaire même, très humaine donc !

Elle (le personnage du film comme la vraie Irène d’après le film) n’est pas scientifique, n’est pas cardiologue, n’est pas experte de santé publique et pas juriste non plus. Juste un petit docteur « de province » (comme disent les parisiens) qui se révolte face au spectacle épouvantable de souffrances injustes (c’est le côté patient) ; face à la veulerie des uns ; et à l’arrogance, voire la morgue, des autres (ce sont les côtés « business bigpharma » et « autorités sanitaires »)…

Ces aspects, médecine de province (on se croirait dans Balzac au 21ème siècle), petit CHU, hiérarchie hospitalo-universitaire contrariée, humbles scientifiques recherchant désespérément une reconnaissance (et quelques subsides) nationale via l’INSERM, sont à mon avis fort bien montrés et sans caricature ; c’est du vécu, je peux vous le certifier !

Cet épidémiologiste du bout du monde qui « rame » pour faire vivre une unité supposée de recherche, du vécu !

Et j’en connais un bout ; je m’y croyais.

Et la lâche passivité des « autorités » scientifiques, médicales et universitaires réunies sous le joug de l’Afssaps ; et la peur des représailles chez les « administratifs » (CNAM) et les prolétaires (je connais aussi) supposés contribuer à la surveillance du système de santé et à la protection des citoyens : tout cela est fort bien montré ; je peux le certifier pour l’avoir vécu et le vivre moi-même encore… C’est du vécu !

Le côté BigPharma est sans surprise : mensonges organisés, cynisme, arrogance. Comment peut-on encore tolérer la persistance des liens (dits d’intérêt) entre les industriels et les professionnels de santé ?

Scénario béton ; bravo et merci Irène !

La fin du film fait peur : aucune condamnation à ce jour ! Système en faillite [je ne parle pas pas de faillite financière bien sûr ; mais de faillite humaine, éthique, médicale et scientifique) mais pas de responsable identifié !

Ah bon !

Ce que le film montre très bien, outre la veulerie de ceux qui auraient pu agir, c'est ce "petit monde" des petits hommes gris cravatés et de ces petites bonnes femmes tailleur gris et chemisier blanc qui, recroquevillés dans leur "petit" monde sanitaire, sont incapables de penser par eux-mêmes et bouger...

Commentaire unique et final : rien n'a changé !

Ceux qui n'ont pas donné l'alerte à propos du Médiator [et qui auraient dû : on cherche des responsables ?] sont toujours là, impavides et prosternés devant l’autel de Bigpharma (qui continue sa généreuse distribution), rien n’a changé !

 

 

 

 

 

 

 

Génériques, médecine et business

Nul n’ignore (ou ne doit ignorer) la polémique persistante autour des médicaments génériqués.

Polémique justifiée, à notre avis. Pourquoi ?

Ne serait-ce que pour l’effet placebo – systématique avec le médicament « normal » quel qu’il soit -  qui est perdu avec le générique chez le patient qui est dans le doute.

On ne devrait jamais exercer de pression sur les médecins pour les obliger à prescrire un générique.

Au-delà de ce phénomène placebo (d’une importance considérable en médecine), nul ne peut affirmer aujourd’hui sur une base scientifique sérieuse qu’il n’y a pas de différence entre le vrai médicament et un de ses génériques.

Ce serait un peu long à discuter ici.

Un exemple quand même.

Les excipients utilisés dans les génériques variés proposés chez le pharmacien sont généralement différents de celui utilisé dans le médicament original. Ça peut faire une différence significative, ça devrait être testé !

On ne saurait trop conseiller la lecture (rapide) d’une Tribune publiée dans le numéro du mercredi 16 Juillet du journal LE MONDE par un certain Docteur Crozatier.

Si l’argumentaire est léger, certaines informations délivrées dans cette Tribune ont une importance déterminante pour comprendre la problématique des génériques.

On résume : le lobby des génériques, le syndicat des Industries des génériques ou GEMME (pour « Génériques mêmes médicaments ») est présidé par le Président des Laboratoires BIOGARAN, un des plus gros des génériques et, ça n’est pas anecdotique, sous-marque du célèbre groupe Servier, ex-vendeur-promoteur du Médiator.

Nous sommes sur des terres connues, chacun l’aura compris.

Selon Crozatier (je laisse à chaque visiteur le soin de vérifier par lui-même), le GEMME s’opposerait à la demande gouvernementale de baisser les prix des génériques (souvent peu différents du médicament princeps) et, bien au contraire, demanderait (exigerait) que les médecins faibles prescripteurs de génériques soient pénalisés …

Chacun aura compris qu’il est temps que les médecins entrent en résistance, pour s’opposer à cette sorte de prédateurs, et aussi pour d’autres raisons, bien sûr …

Réveillez-moi, s’il-vous-plaît, de ce mauvais rêve !

Les scorpions attaquent les vipères … brèves de statines …

Trop c’est trop !

Trop de critiques contre les statines [marketing préparatif des anticholestérol injectables, j'ai déjà expliqué] ne pouvaient laisser indifférents ceux [vipères ou scorpions venimeux] qui pendant des années les ont défendues [certains en ont vécu] et qui, en plus d’avoir un peu vieillis, n’ont rien à attendre de ces nouveaux médicaments injectables : nouveaux produits, nouveaux chefs de produit, nouveaux clients, nouveaux amis, place aux jeunes …

Ils réagissent donc, les défenseurs de statines, au moins pour donner l’impression à leurs descendants qu’ils n’avaient pas été totalement abjects !

Mais enfin, 7 millions d’anglais, et autant de français au dernier « recensement », se seraient vus prescrire ces médicaments par des médecins qui pendant près de 30 ans n’auraient rien vu de leurs effets toxiques ou les auraient niés ?

On ne peut négliger toutefois la possibilité que certains médecins aient prescrit a minima pour avoir « bonne conscience » [j'ai diminué les taux du cholestérol-tueur, j'ai fait mon boulot !] tout en évitant au maximum les effets les plus bruyants (les douleurs) sans savoir qu’ils provoquaient peut-être quand même (proportionnellement à la dose et à la durée du traitement) les effets délétères silencieux : diabète, cancers, pathologies oculaires, dépression, déclin cognitif accéléré …

Bref, après la récente confession du « patron » des médecins britanniques qui a déclaré avoir stoppé sa statine qui lui rendait la vie invivable et la dénonciation dans la grande presse britannique de 4 « experts » payés par l’industrie tout en étant membres du Comité (dit indépendant) en charge des nouvelles recommandations « officielles » concernant l’usage de statines, deux ou trois rigolos ont réitéré (parce que ce n’est pas le première fois) que les statines ne donnaient pas plus d’effets secondaires nocifs qu’un placebo, et même moins parfois …

C’est là (ci-dessous). Certes, ce n’est pas publié dans une revue importante, je ne la lis jamais, elle est probablement très dépendante de quelques généreux sponsors ; mais un des sites de cardiologie les plus visités en a fait un éditorial … mais on a l’habitude et on connait le rédacteur en chef …

http://www.medscape.com/viewarticle/821781?nlid=51384_1985&src=wnl_edit_medn_card&uac=78143HG&spon=2

Et une pléiade de médecins britanniques d’approuver bruyamment (voyez les commentaires si vous lisez l’anglais) !

Pour ceux-là, tout bouffis dans leur sadique auto-satisfaction, et devant le grand soulagement qu’ils expriment [ouf ! Je ne suis pas un docteur imbécile ...] aucune excuse ne peut être trouvé, pas plus qu’aux prescripteurs de Médiator*.

Tout ça nous rappelle un peu l’hécatombe annoncée (par de prestigieux universitaires parisiens) au cas où des patients cesseraient de consommer leur statine.

Chers amis médecins ou patients, ne vous faites aucune illusion, vous n’êtes pas concernés par cette guerre entre vipères et scorpions, ils s’en foutent de nous ; ce qui se joue sous nos yeux c’est l’avenir des nouveaux anticholestérol injectables …

Il nous reste donc, comme au cirque ou un autre spectacle, à attendre et admirer (ou pas) la réaction de l’autre camp.

Voilà la Société du Spectacle dans toute son ignominieuse beauté

Pourquoi tant d’enfants obèses ?

« Mira, o Norma, a’ tuoi ginocchi questi cari tuoi pargoletti … »

Traduction : « Vois, Norma, à tes genoux tes chers petits … »

Et pour la musique, c’est là [http://www.youtube.com/watch?v=jfCmjt5PkKw] un duo magique, pour ceux qui peuvent apprécier, avec Cécilia Bartoli et Sumi Jo ; c’est romantique à souhait, parfois (mais pas dans ce duo féminin) un peu pompier !

Bon, je laisse méditer sur ces paroles de l’opéra de Bellini. On trouve la traduction du livret sur Internet. Cornélien !

Message subliminal : comment des sociétés peuvent-elles aussi mal-traiter leurs petits enfants pour en faire des malades chroniques, avant même d’être adultes ?

En effet, contrairement au surpoids (et même certaines formes d’obésité) des adultes qui peuvent traduire un état de santé ou un « état physiologique » plutôt avantageux [certains plus éveillés que d'autres parlent d'un "paradoxe de l'obésité" ; ce qui n'inclut pas les obésités dites morbides qui sont rares], l’obésité infantile peut être un état pathologique voire un handicap.

Les Autorités, partout, s’en sont émues … On annonçait des catastrophes humanitaires pour les décennies à venir … Les braves gens, les parents, enseignants, éducateurs, et même les médias (utiles pour une fois) s’en sont mêlés.

Partout dans les pays développés, on s’est mis au boulot pour essayer de préserver notre avenir. Peu y croyait ; le catastrophisme régnait ; certains [les experts] cherchaient, bien vainement mais pas sans effets collatéraux [cf. le Médiator] les médicaments miracles qui … et surtout les régimes qui …

Mais rien se semblait pouvoir endiguer ce fléau épidémique !

Et puis, brusquement, on a cru voir que les choses cessaient de s’aggraver, des publications montraient des tassements des tendances, on n’osait pas y croire …

L’heure est maintenant venue d’un petit bilan.

Bonne nouvelle, pour une fois : effectivement les courbes semblent changer de pente, ce n’est pas encore un inversement des tendances mais nous voyons ce qu’on appelle en épidémiologie une « plateauisation » ; bref ça va mieux. Ci-dessous un rapport récent l’expliquant : http://www.biomedcentral.com/content/pdf/1741-7015-12-17.pdf

Pour les non-initiés, ne pas regarder les courbes reproduites, elles sont incompréhensibles, à mon avis !

Attention, ne crions pas victoire trop tôt !

Rien n’est définitif ; mais quand même, ceux qui font (par obligation parentale) la « sortie des écoles » l’avaient déjà vu chez nous depuis quelques temps ; ça allait nettement mieux !

Et ça va mieux aussi aux USA et chez les British, c’est donc que ça va vraiment mieux …

Bravo à tous, il ne faut donc pas désespérer de l’humanité, notons que l’épidémie avait commencé à la fin des années 1970s, ça fait donc plus de 40 ans ; mais qu’est-ce à l’échelle du paléo, néo et pétroléo-lithique ?

La recette ? Le mode de vie !

La guerre de l’obé$ité aura t-elle lieu ?

L’industrie du médicament traverse une crise gravi$$ime ; et licencie partout !

La perte des brevets, c’est-à-dire le passage des  « bijoux de famille » en génériques, et l’absence de nouveautés tangibles donnent à leurs bilans financiers (surtout à venir) une profitabilité accablée …

Mauvaise gestion ! Depuis longtemps ! Vision térébrante du futur ! Désastreux !

Ils ont ce qu’ils méritent ! Mais nous on a encore  besoin d’eux, hélas …

Il faut donc exploiter ce qui reste, notamment ce qui parle encore un peu aux consommateurs, patients et médecins ; les médicaments anti-cholestérol évidemment ; mais aussi – et là c’est plus curieux pour des français qui sont encore sous le coup du « Médiator » – les médicaments anti-obésité ou visant à faire maigrir.

On laisse de côté les $tatine$ pour le moment, la polémique suit son cours, on y reviendra …

Pourquoi une offensive brutale pour encourager la consommation des médicaments anti-obésité maintenant ; et comment font-ils ?

Maintenant parce que « faute de grive, on se contentera de merle » … En d’autres termes, le marché de l’obésité reste large et dynamique, notamment aux USA, leader en tout … et donc il y a encore du profit à faire de ce côté.

A condition, toutefois, d’avoir quelque chose à proposer, un minimum acceptable, et de faire taire toute critique susceptible de « ralentir » le marché … Ça c’est le « comment font-ils ? »

Ainsi nous assistons depuis quelques semaines à des offensives tout azimut qui, la semaine dernière, ont atteint un niveau de cynisme à rendre jaloux le plus dynamique propagandiste des $tatine$.

Deux titres récents :

1- « New obesity drugs do work » [traduction : Les nouveaux médicaments anti-obésité, ça marche !]

C’est un commentaire dans Medpage today (par Kristina Fiore)  à propos d’une méta-analyse publiée dans le JAMA 2013; DOI:10.1001/jama.2013.281361.

Pour documenter cette grande nouvelle, on nous annonce qu’on peut obtenir sur une année une diminution de 3 à 9% de son poids. Comptez entre les deux par prudence (et encore, on peut douter … population sélectionnée, etc …) ; bref si vous pesiez 100 kilos, vous pouvez espérer en peser 95, au risque d’effets secondaires importants (orlistat, lorcaserin, phentermine [ça ne vous rappelle rien, par hasard ?]) sinon encore mal connus.

Pas si mal diront certains, sauf si ça ne vaut pas la peine et c’est l’objet de la seconde offensive résumée ci-dessous :

2- « Fat but fit!  Is it just a myth? » [traduction : "gras mais en forme" n'est-ce qu'un mythe ?]

C’est un commentaire dans Medpage today (par Salynn Boyles) à propos d’un article dans Ann Intern Med 2013;159:758.

Ici on veut dénigrer toute une école de pensée très « made in America » consistant à dire qu’être en surpoids n’est pas un problème à condition d’être en forme. C’est le fameux slogan : « It is better to be fat and fit rather than unfat and unfit » [traduction : il est préférable d'être gros et en forme plutôt que maigre et pas en forme] ; le concept de « en forme » traduit ici qu’on n’est pas gros parce qu’on est sédentaire, fumeur et apathique sur son canapé et qu’on est capable d’une réelle activité physique; bref « en forme » !

Bon, nous allons suivre les péripéties mais nous donnons notre avis tout de suite ; nous l’avons déjà écrit et expliqué dans notre livre « Prévenir l’infarctus » : ça ne sert à rien de perdre du poids avec un médicament si on ne modifie pas son mode de vie ; et si on change son mode de vie vraiment et qu’on ne perd pas de poids [ça serait étonnant !], ce n’est pas grave car le problème c’est le mode de vie pas le poids ! Au moins pour une échelle de poids qui n’atteint pas les obésités dites « malignes ».

Et maintenant pour distraire ceux qui sont allés jusqu’au bout de cet article, un petit intermède musical avec Waltraud Meier :

Il faut aimer Tristan, certes, sinon …

Si vous êtes triste de ce monde … et du tamiflu*

Il y a des jours de Novembre où l’on désespère de ce monde …

Si les récentes révélations sur le Tamiflu*, cet antiviral si efficace ; à propos duquel pourtant on ne connaissait pas les données brutes des essais commerciaux « perpétrés » par le sponsor et présentés comme si favorables au produit que des gouvernements (doit-on le reprocher ?) en achetèrent des wagons …

Si l’attitude arrogante [mais télé-visualisée] de certains cardio-notables avouant benoitement que leurs liens d’intérêt pouvaient effectivement les influencer …

… alors que le procès du médiator n’a pas encore eu lieu, et sachant qu’aucun de ces cardio-notables n’a jamais donné l’alerte tout au long des années de commercialisation, laissant penser que l’influence que l’on avoue ressemble diablement à de l’anesthésie …

Alors, je vous recommande 10 minutes de méditation avec notre ami Franz (Schubert) qui lui-aussi désespérait de ce monde :

Après ça ira mieux, on pourra passer au petit whisky du soir … Irlandais plutôt ?

PEUT-ON (FAUT-IL) CONSOMMER LES EDULCORANTS TYPE ASPARTAME ?

Les édulcorants sont des substances chimiques (ou parfois naturelles) utilisées pour remplacer ou diminuer le sucre dans certains produits de consommation courante, par exemple dans les boissons dites light, mais aussi des aliments, des chewing-gums ; et même les tristes sucrettes à dissoudre dans le café pour remplacer le morceau de sucre, et ainsi priver les enfants du fameux « canard » !

Le plus utilisé est l’aspartame (ou E 951). Il y a aussi la saccharine, la Stévia, et encore quelques autres, mais on va se concentrer sur l’aspartame, le raisonnement s’appliquera aux autres.

Ces substances remplacent le sucre car elles ont un pouvoir sucrant [elles donnent l'impression qu'on mange du sucre] mais n’apportent pas de calorie.

Dans un monde où l’on chasse la calorie, de peur de grossir (premier point), mais où on veut quand même satisfaire son goût pour le sucré (deuxième point) et ne pas se priver de café (troisième point), les édulcorants semblent avoir beaucoup d’avantages, ce qui ouvre un marché (des consommateurs potentiels) et donc un business très attractif …

Un autre avantage des édulcorants c’est qu’ils n’entraînent pas de hausse du sucre dans le sang (puisqu’ils n’apportent pas de vrai sucre) et pas de réaction insulinique ; et on sait combien les pics insuliniques inappropriés sont néfastes. Pour ceux qui ne le savent pas encore, nous l’expliquerons en détails dans notre prochain livre, un peu de patience …

Enfin, la plupart des édulcorants n’ont pas d’effet significatif sur les caries dentaires, ce qui n’est pas négligeable encore.

Que des avantages et pourtant des doutes persistants quand à l’innocuité des édulcorants, notamment de l’aspartame. Pourquoi ?

Parce que de multiples études ont décrit des effets secondaires néfastes.

Ce serait long à expliquer en détails car c’est une longue histoire de mauvaise pseudo-science contaminée de conflits d’intérêt répétés.

D’autres courageux l’ont fait (cet historique), par exemple le Dr E Pélissier dans son livre : La vérité sur les sucres et les édulcorants. Si, à mon avis, il est un peu court sur les sucres, son chapitre sur l’aspartame est excellent et m’épargne la lourde tâche de résumer cette question en quelques lignes.

Qu’on ait lu le Dr Pélissier ou pas, on conclura inéluctablement qu’il est judicieux d’avoir des doutes, d’autant que parmi les défenseurs, outre les industriels du secteur [peu enclins à se tirer une balle dans le pied, comme on dit à la télé], on a une Institution dont les relations avec l’industrie ont été maintes fois condamnées, y compris par les députés européens.

Il s’agit de l’Agence Européenne de Sécurité Alimentaire, la succulente EFSA, qui a récemment décrété que l’aspartame ne posait pas de problème de santé. Voir l’avis là : http://www.efsa.europa.eu/fr/faqs/faqaspartame.htm?wtrl=01gclid=CKr75u671boCFVMbtAodNVgAGw

La lecture de son récent communiqué-résumé est délicieuse ; doit-on se moquer de l’auteur ou du traducteur ? Par exemple, on lit ça : L’EFSA réalise actuellement une réévaluation complète de la sécurité de l’aspartame et a conclu, dans un projet d’avis scientifique … publié le 8 janvier 2013, que l’aspartame ne posait pas de problème de sécurité aux niveaux actuels d’exposition.

Je traduis : on réalise actuellement (au présent de l’indicatif) … mais on a déjà conclu que (au passé) … l’aspartame ne posait pas de problème … aux niveaux actuels d’exposition.

Ce qui signifie, en langage clair, qu’on a des doutes, et qu’à certaines doses, c’est toxique, mais que ces doses ne sont sans doute pas atteintes de façon générale, ce qui ne dit rien des cas particuliers, notamment en termes de sensibilité individuelle aux toxines, une évidence bien connue des docteurs : telle dose chez l’un ne fait rien mais est toxique chez l’autre …

Et cette personne qui me pose maintenant la question est-elle l’un ou l’autre ?

Par comparaison, le sucre n’est jamais toxique, dans le sens toxicologique du terme, celui utilisé par l’EFSA.

On peut lire plus loin : Jusqu’à présent, l’Autorité a toujours conclu que les nouvelles données scientifiques disponibles ne justifiaient pas une révision des évaluations précédentes de la sécurité de l’aspartame …  À l’heure actuelle, l’EFSA réalise la première réévaluation complète de la sécurité de l’aspartame menée à ce jour.

Pourquoi une réévaluation complète (à l’heure actuelle, disent-ils) si « jusqu’à présent … » ?

Bizarre !

Et encore ceci : Dans le cadre de cette réévaluation, l’EFSA avait en effet lancé un appel public destiné à recueillir des données scientifiques et elle a ensuite procédé à l’examen complet de la littérature scientifique disponible. À la suite de cet appel, l’EFSA a obtenu l’accès à plus de 600 études et données scientifiques, déjà publiées ou inédites.

Voilà donc ce que l’EFSA appelle une réévaluation : 1) recueillir des données scientifiques ; puis 2) procéder à l’examen complet de … par une commission « ad hoc » comme on dit dans les bureaux.

Fort de ces lumineuses informations, je m’en vais modestement donner mon avis : il est URGENT de ne pas utiliser ces substances de façon chronique !

Plus généralement, je recommande non seulement de ne pas boire de soda light mais pas de soda du tout, sauf à titre vraiment exceptionnel. Pas de sucrette ! Pas d’aliments lights !

Et si vous avez un problème avec le sucre, sachez que vous n’êtes pas le seul, et que la meilleure façon de s’en libérer, c’est de ne jamais rajouter de sucre, ni dans le yaourt ni dans le café ! On appréciera d’autant plus le goût de ces aliments qu’on les consommera pour eux-mêmes et pas pour le sucre ajouté.

Bref, aspartame et autres édulcorants ? Poubelle ! Par simple prudence, ou précaution !