Réunion de travail de l'AIMSIB le 23 Juin 2018 à Paris

On m’a demandé de faire cette annonce.
Le nombre de places étant limité, il est préférable de s’inscrire rapidement.
AIMSIB meeting 2018
L’après-midi, c’est une réunion de travail visant à préparer le Congrès annuel d’Octobre à Toulouse.
Donc, pas de conférence plénière mais un atelier “ordonné” où chacun pourra s’exprimer à condition de s’inscrire au préalable.
 
 
 
 

VACCINS et Figaro : contamination, expertise, indépendance, autorités sanitaires et réseaux sociaux !

 
La question des vaccins [utilité, efficacité, innocuité en soi ; mais aussi obligation, règlementation, recommandation, information…] agite notre société de façon chronique ; notamment au niveau des médias qui ne cessent de jacasser comme des pies qui craindraient pour leurs nids.
Les arguments développés sont rarement pertinents. Prenons un exemple récent ci-dessous : selon le quotidien du matin Le Figaro, une prestigieuse revue médicale, les antivaccins seraient des méchants “contaminateurs” et les réseaux sociaux une arme de désinformation massive !
figaro vaccins
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Pourquoi cette brillante rédactrice du Figaro, hautement “compétente” sur le sujet des vaccins (si on la juge sur ses terrifiantes écritures), se fait accusatrice plutôt qu’informatrice ?
Se contenter d’informer la ferait respectueuse de la déontologie de sa profession… Trop demander sans doute !
C’est étonnant car ce problème essentiellement médical et scientifique devrait faire l’objet d’un consensus ou au moins donner lieu à un débat  entre experts indépendants.
En effet, la chose la plus étonnante de ce débat qui n’a pas lieu, c’est l’absence.
Qui est absent ?
L’expertise indépendante tout d’abord.
En effet pour chaque vaccin et chaque maladie que chaque vaccin veut empêcher, nous avons des experts dans nos laboratoires de recherche et services hospitaliers. Pourquoi sont-ils absents ?
Nous avons des experts de la coqueluche au CNRS et à l’INSERM, des experts des méningocoques à l’Institut Pasteur, etcétéra. On ne les entend pas. Pourquoi ?
Pour une raison principale : un expert, par définition, n’est expert que d’un domaine particulier. Celui qui connait bien la rougeole et son virus n’est généralement pas aussi compétent en tuberculose et son bacille ou en diphtérie et sa bactérie.
Or ce qui domine actuellement c’est la confusion. Chacun (sauf les experts) parle de tout ; tout en ne connaissant rien ou pas grand chose sur chaque vaccin. Un vrai expert de la coqueluche s’exprimera sur la coqueluche et sa bactérie mais humblement s’abstiendra sur la tuberculose. Car l’expertise c’est justement de savoir les limites de sa propre expertise et donc de ses propres limites vis-à-vis de l’expertise des autres.
Il est assez amusant d’entendre des ministres successifs, des députés et des médias variés (y compris les docteurs rikiki de la télévision) donner leur avis sur chaque vaccin et chaque maladie comme s’ils étaient eux-mêmes les experts de tout à la fois.
Dans un tel brouhaha, un vrai expert est inéluctablement condamné au silence.
Autre chose peut l’inciter au silence : s’il est vraiment expert, il est hautement probable que des industriels aient fait appel à son expertise pour aider à développer de nouveaux produits commerciaux. Ce n’est pas anormal mais suscite quelques obligations éthiques et juridiques.
Dit autrement, nos vrais experts ont souvent des liens d’intérêt, possiblement conflictuels, et leur silence devient une contrainte car s’ils faisaient une recommandation ou un commentaire en faveur d’un produit commercialisé (éventuellement grâce à eux), ils seraient accusés d’une forme ou l’autre de corruption. Ce ne serait pas anormal.
Quelques vrais experts généralistes toutefois sont indemnes de ces douloureux dilemmes.
Par exemple, des vrais physiologistes expérimentés (ayant un certain vécu et du bon sens), des vrais infectiologues confrontés régulièrement à des cas cliniques divers et variés (et auteurs de quelques publications scientifiques) ou encore des épidémiologistes experts dans les méthodologies modernes de l’investigation scientifique et médicale.
La majorité de ces experts généralistes ne dit rien ou, quand certains osent s’exprimer courageusement (Pr Raoult, Pr Montagnier, par exemple), c’est pour dire leur opposition à la politique vaccinaliste actuelle.
Évidemment, les archéo-bureaucrates vaccinalistes travaillant pour les Ministères ou l’OMS depuis de décennies ont rarement l’indépendance et les compétences requises pour être qualifiés d‘expert indépendant. Ce sont pourtant les interlocuteurs préférés des médias.
On ne peut pas avoir milité toute sa carrière en faveur des vaccinations obligatoires et tout soudain se prévaloir d’une vision objective de ces questions. De même (autre exemple), les avis et opinions de ceux travaillant avec et pour la Fondation Bill et Melinda Gates – fondation qui a fait de la question des vaccins et de l’extinction de quelques maladies infectieuses la pierre angulaire de son marketing supposé désintéressé – ne sont pas les mieux placés pour délivrer des expertises indépendantes.
Il y a, et ce n’est pas surprenant, une autre remarquable absence.
Cette absence de la HAS est remarquable car elle n’est pas totale.
Dit autrement, sa présence est minimale ; le minimum syndical diraient certains mauvais esprits (dont je m’exclus) pour ne pas déplaire aux Ministres successifs mais sans pour autant sombrer dans un béat assentiment. Il faut ménager l’avenir.
HAS 1
Les missions de la HAS et surtout de sa Commission de la Transparence (ci-dessus) sont clairement indiquées par le Législateur et peu compatibles (on parle de méthodologie et d’épidémiologie) avec les obligations vaccinales actuelles.
On peut penser, en conséquence (car notre monde n’est pas fait que de méchants), que certains membres de la HAS et de sa Commission de la Transparence ont quelques difficultés scientifiques et éthiques avec la politique vaccinaliste actuelle ; sans pouvoir le dire explicitement. Probablement difficile de faire l’unanimité dans cette Commission…
D’où leur extraordinaire discrétion !
La suite de l’histoire – avec surtout l’organisation d’un débat équilibré entre experts indépendants – nous en dira plus… Suffit d’attendre que le fruit soit mûr…
 
 
 
 
 
 
 

Le dernier opus de l'AIMSIB à propos de conflits d'intérêt dans l'Administration de la Santé

 
Certains textes, venant de brillants auteurs, marquent parfois l’histoire des idées.
Un exemple au hasard, le texte de Desproges à propos des “voyages en ascenseur” :
https://www.youtube.com/watch?v=s69nBxtqi8E
Desproges
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cela dit, et dans la même veine comique et tragique, puis-je me permettre de recommander la lecture du dernier opus de l’AIMSIB ?
C’est là : https://aimsib.org/2018/05/17/du-rififi-au-plus-haut-niveau-de-ladministration-de-la-sante/
Bonne lecture !
 
 
 
 
 

L'obligation vaccinale en Mai 2018 : archaïque et non scientifique !

 
L’obligation vaccinale : maintenant et après
C’est le titre d’un article publié par un des porte-paroles plus ou moins officiels de l’Institution vaccinaliste (ci-dessous). Floret 0
 
 
 
 
 
 
 
Avec tout le respect dû à notre honorable collègue (ce qui n’interdit pas quelques grains de critiques entre “supposés” scientifiques), on constate aussi que le média utilisé (MesVaccins.net, ci-dessous) est lié (plus ou moins directement) à l’industrie des vaccins quoique ses dirigeants prétendent le contraire. Peu importe, c’est par la voix de notre confrère, le Grand Manitou institutionnel qui nous parle, écoutons et sachons lire entre les lignes. Sachons aussi constater cette extraordinaire inculture scientifique et médicale.
L’Histoire jugera l’Époque et ses Lois à l’aune de la désinformation propagée par ses Élites…
FLORET 1
 
 
 
 
 
Quoique bref, ce texte en dit beaucoup sur “maintenant” et laisse présager un “après” encore pire.
Tout ne peut être commenté en détails. Relevons quelques perles.
1- Le Pr Floret répète par exemple (ci-dessous avec d’autres mots) ce que d’autres ont déjà dit. La “science a démontré l’efficacité et l’innocuité des vaccins” avait écrit l’INSERM, sans être contredit par un seul des scientifiques qui en théorie peuplent ses labos. Si j’étais l’un d’eux, j’aurais un peu honte de faire partie d’une communauté qui “s’assoit sur ses convictions” ; cela témoigne d’une très mauvaise ambiance [qui a peur de quoi ?], voire d’une désespérante inculture de cette communauté.
Pas un seul courageux pour dire à son PDG (par ailleurs très proche de l’industrie des vaccins et de la Ministre obligationniste) qu’il est en désaccord ? Au moins un petit peu ?
Le Pr Floret nous dit aussi qu’il est triste qu’il faille en venir à des mesures coercitives dignes de l’époque Soviétique pour protéger la santé des enfants français (ci-dessous).Floret 2
 
 
 

C’est évidemment une triste plaisanterie qui devrait seulement faire rire jaune, en particulier les vrais scientifiques qui savent en principe comment la médecine moderne évalue l’efficacité et l’innocuité des produits de santé. Tout cela témoigne, si on fait abstraction des sourds et muets de l’INSERM, d’une tragique incompréhension des sciences médicales modernes et c’est moins drôle car c’est ce type d’idéologie surannée qui inspire le Législateur de notre époque désespérante.

Vite ! De la Science avant des obligations vaccinales !

2- Une autre “perle” concerne l’immunité de groupe. Selon notre académicien (ci-dessous), l’obligation vaccinale se justifie par l’immunité de groupe qu’elle procure. Floret 4

Comme il le souligne lui-même, l’obligation ne devrait donc s’appliquer qu’aux vaccins qui procurent cette immunité de groupe. Comment dès lors justifier les obligations concernant les vaccins contre le Tétanos et la Diphtérie et aussi l’Antipolio injectable ?

En effet, aucun de ces vaccins ne procure une immunité de groupe.

Notre académicien échappe à cette cruelle contradiction en donnant une “explication” simple mais fumeuse [à moins qu’il ne croit réellement à ce qu’il écrit et c’est encore plus grave…] inspirée de la résurgence de la diphtérie dans l’ex-Union Soviétique dans les années 1980s (et pas 1990s) ; ce sont les dernières lignes de la citation ci-dessus. On notera l’erreur de décennie. C’est éloquent !

Ainsi donc, pour justifier des obligations, on travestit la réalité de faits aisément vérifiables pourtant. En effet, la diphtérie est ré-apparue à une époque où le système de santé de ces pays fonctionnait encore assez bien et quand personne ne remettait en question les programmes de vaccination. Ce fut une grande surprise, vu la couverture vaccinale à l’époque, et on n’avait pas d’explication. Des campagnes de revaccination des adultes n’ont d’ailleurs pas empêché un seconde flambée de diphtérie dans les années 1990s cette fois-ci dans les mêmes pays confirmant le manque d’efficacité de la vaccination de masse, donc d’une couverture vaccinale dite optimale contre la diphtérie, et aussi finalement l’absence d’immunité de groupe conférée par ce vaccin. Il était difficile de prendre un plus mauvais exemple. Manquerait-on d’illustration suggestive pour justifier l’obligation vaccinale ?

Pourquoi cette “nouvelle” diphtérie ? Fut-elle importée d’Afghanistan par les soldats démobilisés après le fiasco militaire soviétique ? Je n’entre pas dans les détails de la biologie des corynebacteria diphtheriae et de l’épidémiologie de la diphtérie quoique, d’un point de vue scientifique, cet aspect de choses soit fondamental pour envisager le futur. Je résume : une couverture vaccinale optimale n’a pu empêcher la résurgence de la diphtérie dans l’ex-Union Soviétique dans les années 1980s. Pas d’immunité de groupe, Monsieur le Professeur !

On peut se demander si la persistance de foyers de rougeole en Roumanie (autre question critique) peut s’expliquer par les concepts d’immunité de groupe et de couverture vaccinale optimale. Même interrogation pour la France quoique le nombre de cas de rougeole et la sévérité soient bien moindre.

Vite ! De la Science avant des obligations vaccinales !

3- Une 3ème “perle” concerne le phénomène de déplacement des cas de rougeole dans les pays à forte vaccination (ci-dessous). Selon notre professeur, une couverture vaccinale insuffisante provoquerait l’apparition de cas de rougeole sévère chez les nourrissons de moins de un an et chez les adolescents et les jeunes adultes. Floret 5

Désolé, Professeur, ces nouvelles rougeoles, parfois inquiétantes, n’existaient pas avant la vaccination de masse. Les vaccins anti-rougeoleux seraient plutôt la cause des “nouvelles” rougeoles et pas l’inverse.  Le phénomène de déplacement est une conséquence sociétale nuisible de la vaccination de masse contre la rougeole.

La notion de vaccin altruiste doit être radicalement revue !

Vite ! De la Science avant des obligations vaccinales !

Ce n’est donc pas une vaccination insuffisante qui serait la vraie cause de ces nouvelles rougeoles inconnues autrefois. Le Professeur prétend qu’avec toujours plus de vaccination, on pourrait éradiquer la rougeole. Rien n’est moins sûr, comme le montre la survenue de nouvelles flambées de rougeole dans des zones à très forte couverture vaccinale, par exemple en Allemagne, en Scandinavie ou aux USA. D’autres facteurs jouent un rôle dans ces flambées et la vaccination ne peut les empêcher car certains sujets ne répondent pas au vaccin et d’autres voient leur immunité vaccinale s’évanouir avec le temps. Même une théorique couverture à 95% n’empêchera pas des nouvelles rougeoles chez les nourrissons et les jeunes adultes. On peut se demander si la situation qui prévalait avant la vaccination de masse n’était pas préférable. Mais comme on ne peut pas revenir en arrière, il est urgent de réfléchir intelligemment et démocratiquement plutôt que d’imposer des obligations.

Vite ! De la Science avant des obligations vaccinales !

4- Finalement, le Professeur avoue une autre forte préoccupation pour le proche futur et c’est très inquiétant (ci-dessous). Elle concerne les vaccins contre les papillomavirus qui seraient, selon lui, “en grande difficulté” ; sans qu’on comprenne de quelle difficulté il s’agit : du chiffre d’affaire des vaccins anti-papillomavirus peut-être ?

floret 3

Il craint donc que le statut de vaccin “recommandé” mais “non obligatoire” puisse dégrader encore plus le statut [le chiffre d’affaire ?] de ces vaccins…

Il nous annonce donc de nouvelles obligations.  Mais c’est probablement un acte manqué. Le Professeur n’est pas en train de nous dire que des plans secrets ont été élaborés pour nous obliger à d’autres  vaccins.

Si c’était le cas (on ne sait jamais), comment vont-ils s’y prendre pour nous faire “avaler” ça ?

Attention ! Le contentieux avec les 11 premières vaccinations n’est pas réglé…

A trop charger la barque…

Epidémie d'autisme aux USA : ça ne s'arrange pas !

 
Hélas, les chiffres officiels le confirment chaque fois un peu plus : le nombre (et les proportions) d’enfants autistes continuent d’augmenter aux USA.
Les données publiées par le CDC (Centers for Disease Control and Prevention) sont terribles : plus 20% entre 2012 et 2014 !
Autism USA 1
Ça ne s’invente pas ; et les explications alambiquées de certains (ce ne serait pas la prévalence de l’autisme qui augmenterait mais l’enthousiasme des diagnostiqueurs ou les changements de critères diagnostics) ne tiennent plus car entre 2012 et 2014, aucune modification de ces paramètres ne peut être évoquée.autism usa 2
Un enfant de 8 ans sur 59 en 2014 (contre 1 sur 68 en 2012) serait autiste aux USA. Combien en 2018 ?
On pourrait penser que ces données sont un peu aléatoires et donc suspectes.
Malheureusement, la précision des données rapportées par les collègues américains est impressionnante à la fois pour le type de problème rencontré et l’âge auquel le diagnostic est posé (ci-dessous).
autism usa 3
Tout cela donne beaucoup de crédibilité à ces données. C’est à la fois désolant et très inquiétant.
Car ces enfants vont devenir des adultes. Quelles sortes d’adultes allons-nous avoir aux USA ?
Seront-ils heureux ? Que peuvent faire les familles ? Que pouvons-nous faire pour aider ces familles ?
Au-delà de cet aspect humanitaire, que nous dit cette épidémie sur l’évolution de nos sociétés ?
“Toutes les civilisations sont mortelles” disait un pirate des Caraïbes du 18ème siècle…
Le déclin de l’espérance de vie (aux USA comme en Europe) est un autre témoin de la tragédie civilisationnelle que nous vivons, en toute innocence…
Nous sommes nous aussi de cette civilisation, il n’y a aucune illusion ; et nous suivons allègrement (et comme d’habitude) l’exemple américain, avec un peu de retard mais inéluctablement.
Quand un grand peuple est représenté par des clowns (au Sénat comme à la Maison Blanche), nous avons la traduction concrète de la catastrophe en cours.
Et il n’y a donc pas que la biodiversité que nous sommes en train d’éteindre.
La question suivante est immédiate pour un médecin et un scientifique : pourquoi ? Comment ?
Que se passe-t-il dans le cerveau de ces enfants ? C’est multifactoriel bien sûr.
Mais le plus évident (quoique encore mal décrit), c’est une modification très précoce du système immunitaire des embryons, des fœtus et ensuite des bébés. C’est l’explication la plus évidente, outre des prédispositions génétiques, avec deux mécanismes possibles :
1) les agressions des toxiques environnementaux ; le cerveau est une des cibles préférées des métaux lourds et des pesticides, par exemple ;
2) les agressions vaccinales multiples et répétées. La majorité des vaccins sont neurotoxiques, selon les rapports des industriels eux-mêmes !
Urgent d’investiguer, de corriger et d’appliquer le Principe de Précaution !
De telles évidences sont inaudibles pour le moment du côté des Académies et des Ministères.
Seul le peuple de fourmis, dans sa grande sagesse, peut faire bouger les choses !
Faute de réagir, les fourmis ne pourront s’en prendre qu’à elles-mêmes si elles s’obstinent dans leur actuel aveuglement.
Amen !
 
 
 
 

Que savent les médecins en nutrition ? Rien ou presque rien !

 
Le titre de cet article dit le message d’un autre (ci-dessous) ; et sans exagération, hélas…
J’ai écrit “presque rien” par charité chrétienne car l’article américain qui décrit ce “flagrant délire universitaire” dit : zéro connaissance en nutrition chez les médecins !
Certes, c’est à propos des médecins américains : internistes, cardiologues, diabétologues et pédiatres, parmi d’autres !
L’article dont je parle est publié dans la plus grande revue de médecine américaine : le numéro du 11 Avril 2018 du Journal of the American Medical Association (JAMA). On est au stade de la prise de conscience ; mais ce n’est pas la première fois : peu de chance que ça change !
nutrition training 1
 
 
 
La journaliste (Jennifer) interroge un Dr Devries, un (assez) prestigieux cardiologue américain.
Les réponses aux questions de la journaliste sont éprouvantes à lire, de mon point de vue, tant sa confession est à la fois réaliste et terrible : on ne lui a rien appris pendant ses études de médecine et il a pratiqué pendant des années la cardiologie en ne sachant rien en nutrition !
nutrition training2
 
 
 
 
 
Il dit qu’il a reçu 7 ans de formation spécialisée en cardiologie et zéro éducation en nutrition.
Et il ajoute (ci-dessus) que la situation est restée la même aujourd’hui dans les facultés de médecine américaines.
Certes nous sommes aux USA, pays d’exception !
Seulement voilà, les médecins américains sont probablement les mieux formés au monde et servent d’exemple au monde médical partout : on vient du monde entier pour être formé dans les facultés de médecine américaine.
Il nous dit qu’il lui a fallu 7 ans de formation spécialisée en hôpital universitaire (après avoir eu son diplôme de médecine) pour être cardiologue.  En France, la majorité des cardiologues qui pratiquent aujourd’hui ont reçu moins de deux ans de formation spécialisée…
Pour ma part, c’est une confidence (ne pas répéter), j’ai reçu en Suisse et au Canada (dans des unités de cardiologie exceptionnelles à Genève et Montréal) près de 10 ans de formation spécialisée en cardiologie… sans un mot de nutrition. Je me suis ensuite formée en nutrition pendant 12 ans dans une unité de recherche de l’INSERM à Lyon.
Est-ce grave, docteur ?
Ce bilan général est évidemment catastrophique en termes de santé publique. Pourquoi ?
Le Dr Devries est un brave garçon, il donne la réponse (ci-dessous) :
nutrition 4
 
 
 
 
 
C’est un fait avéré que, selon lui, personne ne conteste : un mauvais régime alimentaire (a poor-quality diet) est la première cause de décès prématuré et de handicaps multiples dans nos sociétés développées.
Faut-il vous l’envelopper ? Papier cadeau ? Joli ruban ?
Vous avez aussi ici l’explication des prescriptions abusives de toutes sortes de médicaments inutiles et toxiques en prévention des maladies cardiovasculaires… On fait ce qu’on a appris et on ne fait pas ce qu’on ignore. Je connais de très nombreux professeurs de cardiologie, ici et ailleurs ; et je confirme le diagnostic ténébreux du bon Dr Devries. C’est peut-être encore pire car dans la majorité des cas, ils ne savent même pas qu’ils ne savent rien !
C’est aussi une flagrante explication de l’hostilité de ces prescripteurs abusifs vis-à-vis de ceux qui proposent “autre chose” ; ce que certains (dont le Dr Devries) appellent la médecine intégrative.
Étant  incapables de répondre aux questions de leurs patients, certains de ces médecins déficients se sentent (selon le Dr Devries) coupables ; et la culpabilité se traduit souvent par de l’agressivité. Je peux en témoigner à titre personnel ; certains coupables sont très méchants !
On pourrait penser que ces questions de profonde inculture médicale sont propres à certaines spécialités (comme la cardiologie) mais il semble que d’autres spécialités s’éveillent aussi à la problématique nutritionnelle, par exemple les médecines périnatales (avant et après la naissance) comme le montre un récent article, encore américain (Pediatrics 2018;141:e20173716) avec un titre évocateur (ci-dessous) :
pediatrcis nutriton 1
 
 
 
 
 
 
C’est court 1000 jours.
Urgent d’opérer une correction. Il faut s’y mettre ; il serait temps ! N’attendez rien des Ministères (Santé ou éducation) ; c’est le vide sidéral !
Nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes…
 
 

Je serai à Lancrans (près de Genève et de Bellegarde sur Valserine dans l'Ain) le 18 Mai 2018

 
Ce sera à l’invitation de l’association Grain de Sel à 20:30 à Lancrans dans l’Ain.
Titre de la conférence : Cholestérol ami ou ennemi ?

Je commenterai notamment les dernières études sur les médicaments anticholestérol
On aura deux heures.
On pourra parler d’autres choses, de nutrition, de vaccins, etcétéra
N’hésitez pas à venir me dire ce que vous pensez de tout ça.
Ça m’intéresse !
 
 
 
 
 

Une prudente consommation d’alcool protègerait des maladies du foie ? Réponse : soyons méditerranéens !

Ne le répétez pas à vos amis buveurs, s’il vous plaît !
De mon côté, je me refuse en général à faire une quelconque forme de publicité en faveur de la consommation d’alcool. C’est un principe : nul dans notre beau pays ne doit être encouragé à boire un alcool.
Mais parfois la recherche médicale joue des tours inattendus aux experts académiques qui pérorent sans désemparer sur les tréteaux médiatiques.
L’ironie est si belle ici que, au moins pour détendre mes visiteurs à l’heure de l’apéro (que je conseille minimal, accompagné d’aliments solides et jamais suivi d’une prise de volant intempestive…) je vais conter cette poésie médicale et scientifique.
Nul n’en doute, l’alcool est toxique pour le foie ! Ça ne se discute pas, disent les ministres compétentes dans tous les azimuts. Les spécialistes vous diront pourtant qu’aujourd’hui la plus fréquente des maladies du foie porte le nom de non-alcoholic fatty liver disease, ou stéatose hépatique non alcoolique, ou encore NASH. C’est vrai aussi bien chez nous (et les autres pays occidentaux) qu’en Asie et dans les pays musulmans du Moyen-Orient (référence ci-dessous) où en principe on boit peu.
NASH in middle-east 2017

Selon certains (que j’ai un peu de mal à croire), cette pathologie du foie toucherait jusqu’à 25% de la population adulte américaine et de plus en plus d’enfants en seraient atteints. Malheureusement, les NASH peuvent parfois se compliquer de fibrose, de cirrhose et de cancer du foie. Vu l’énormité de la population à risque, les NASH sont désormais des problèmes majeurs de santé et il n’y a pas de traitement connu.
Je ne vais pas faire un cours de médecine : il suffit de savoir que le foie est en souffrance mais que cette maladie n’a pas d’étiologie virale, auto-immune, génétique ou toxique ; et surtout elle n’est pas une maladie alcoolique du foie, comme son nom l’indique.
C’est vrai aussi chez nous français qui fûmes longtemps les champions du monde des maladies du foie, en grande partie à cause d’une consommation d’alcool excessive.
Où est l’ironie ?
Qui l’eût cru, une consommation modérée d’alcool protègerait des NASH. Plusieurs études indépendantes le suggèrent ce qui donne un certain crédit à cette hypothèse de travail.
Ci-dessous deux références. Attention, la relation de causalité (entre consommation d’alcool et réduction du risque) n’est pas formellement démontrée ; c’est l’inéluctable faiblesse de l’épidémiologie d’observation. Une étude américaine : Journal of Hepatology 2012;57:384.
Nash Sandiego

On notera la “délicatesse” des auteurs dans leur conclusion (ci-dessous) : surtout ne vous mettez pas à boire dans l’espoir de vous protéger !
Nash sandiego 2

Et puis aussi une étude japonaise : Journal of Hepatology 2015;62:921. Nash Japan

Les conclusions des auteurs (ci-dessous) sont encore, et évidemment, très prudentes mais plus indicatives : ce n’est pas parce que vous êtes porteur de NASH que l’alcool vous est interdit.
Nash Japan conclusion

Ces considérations venant d’épidémiologistes et d’internistes plutôt experts en gastro-entérologie sont intéressantes mais trouvent vite leurs limites car l’alcool peut influencer la physiologie de presque tous nos organes, les protéger certes, mais aussi être toxique.
Comment faire ?
Il faut une vision très générale, même si on restreint le raisonnement au domaine médical. Toute apostrophe ou formulation dogmatique est inutile voire nuisible. Je n’étonnerai sans doute aucun de mes lecteurs en affirmant à nouveau, et au-delà de toute discussion “ébrieuse” que nous devons, hommes et femmes, boire en méditerranéens.
Si vous ne comprenez pas, je vous renvoie à nos publications et livres sur le sujet, notamment (par exemple) : Le nouveau régime méditerranéen. Vous y trouverez tout ce qu’il faut savoir sur cette question. Rien de plus !
En conclusion, il en est de la consommation d’alcool comme du mode de vie en général : plaisir de vivre et prudence en sont les deux “mamelles” si on veut donner à nos amis, et à nos meilleurs ennemis, le grand plaisir d’apprécier notre présence parmi eux.
Cette façon de voir l’existence, dont la finitude est inéluctable, rend bien désuet le questionnement de quelques médias désemparés, comme exemplifié ci-dessous :
Alcool & JIM 2018

JIM est l’acronyme de Journal International de Médecine à propos de quoi je ne porterais aucun jugement, par bienveillance !

Cholestérol, statines et l'inéluctable déchéance de la revue médicale "Prescrire"

 
La revue Prescrire fut utile dans les temps archéologiques où les médecins (masculin et féminin) étaient subjugués par les minijupes des visiteuses médicales et les cravates de leurs supérieurs, royaux distributeurs de chèques cadeaux en tout genre.
Prescrire était utile parce que ses rédacteurs prenaient le temps de lire “à la source” les informations médicales “délivrées” par les grandes revues anglo-saxonnes : le Lancet, le New England Journal of Medicine et d’autres. Bons élèves, ils recopiaient.
Les médecins ne lisaient pas ou parfois (les académiques) ne comprenaient pas le peu qu’ils lisaient ; Prescrire lisait pour eux, expliquait et souvent corrigeait la propagande que l’industrie diffusait. Il suffit d’évoquer le Médiator ou le Lipanthyl pour comprendre ce que je veux dire. Bref, les rédacteurs de Prescrire tiraient leur gloire (éphémère) de lire les rapports des études et de les transcrire en langage compréhensible pour un médecin généraliste de base, très occupé par ailleurs. Prescrire vivait de ses abonnés malgré leur faible nombre (médecins en général) relativement à la totalité des possibles bénéficiaires d’une information proclamée indépendante des industriels. Sauf que
Sauf que les prestigieuses revues ont fait faillite, elles sont sous perfusion du sérum pharmaco-industriel. BigPharma réalise là un coup (au sens d’une partie d’échec) magistral : il fait désormais passer son marketing promotionnel à peu de frais par les grandes revues anglo-saxonnes (supposées indépendantes). Ainsi il a pu licencier un fort pourcentage de son “petit” personnel en minijupe ou cravaté. Disons-le sans sourciller, les rapports d’études sur les produits de santé publiés dans les grandes revues anglo-saxonnes sont devenus aussi crédibles que l’information autrefois diffusée par les minijupes et les cravatés.
Sauf que la revue Prescrire n’a pas vu venir le coup et son utilité s’est réduite à néant puisque traduire et résumer les articles (sur les produits de santé, je précise) publiés dans les revues anglo-saxonnes ne fait plus rire personne sauf les pingouins sur la banquise, comme chantait Tino Rossi…
Voyons, par exemple, le dernier rapport de Prescrire sur les statines. Ce rapport explique que les bénéfices des statines en prévention primaire sont limités. Ils avaient aussi dit que les statines en prévention secondaire, ça ne se discute pas tellement c’est bien, comme disent les ministres.
Prescrire Avril 2018
 
 
 
 
 
 
 
Chacun peut admirer le “sans publicité, ni sponsor, ni actionnaire”. C’est sympa, on aime bien en principe.
Que veut dire prévention “primaire” par rapport à “secondaire” ?
On parle de la même maladie sauf que dans le “primaire”, le patient risque son premier épisode tandis qu’en “secondaire”, il risque un second voire un troisième.
Dit autrement, si un médicament peut empêcher (ou diminuer la probabilité de souffrir) d’un second, il est aussi capable d’empêcher un premier. Évidemment.
La distinction entre premier (ou primaire) et second (ou secondaire) n’est intéressante que pour l’investigateur (et l’industriel qui le rémunère) : pour démontrer l’efficacité d’un médicament vraiment utile pour empêcher un second, il lui faut recruter entre 500 et 1000 patients tandis que pour empêcher un premier (dans une population jusque là indemne), il lui faut recruter entre 5000 et 10,000 patients. On imagine le coût de la manœuvre…
Pour un médecin de terrain et ses patients “à risque”, la différence entre le primaire et le secondaire est qu’il doit être beaucoup plus actif (et persuasif) avec ceux qui attendent leur second qu’avec ceux qui, toujours “innocents”, n’ont pas encore expérimenté leur premier. Arrêter de fumer est efficace dans les deux cas mais il est encore plus essentiel d’aider à arrêter de fumer celui qui attend son second. Parce que son risque est plus élevé ! Il risque la même maladie mais la probabilité est plus forte s’il a déjà eu une alerte.
C’est facile à comprendre quand on a étudié comment le tabac provoque l’infarctus : il procède de la même manière pour un premier ou un second infarctus !
Je reviens aux statines : si elles sont efficaces en secondaire (comme l’arrêt du tabac), elles le sont aussi en primaire. Si elles ne sont pas efficaces en primaire, elles ne le sont pas non plus en secondaire.
C’est facile à comprendre quand on a étudié comment le cholestérol supposément provoque l’infarctus et comment les statines sont supposées en protéger : ça procède de la même physiopathologie éventuelle pour un premier ou un second infarctus ! Évidemment si le cholestérol est innocent, cette discussion est inutile et les articles de Prescrire aussi.
Ici survient inopinément la méthode scientifique chère à Karl Popper et à moi-même :
1) si des études bien conduites, indépendamment ou pas de l’industriel, n’ont pas pu montrer que diminuer le cholestérol avec une statine diminuait le risque de premier ou second infarctus, et si aucune explication technique ne permet de rejeter ces études, la théorie du cholestérol et les statines doivent être mises à la poubelle ;
2) si de études ont montré que les statines pouvaient diminuer le risque de premier ou second infarctus, mais que nous pouvons identifier des défauts majeurs dans la conduite de ces études (et qu’en plus sous prétexte de secret industriel, il nous est interdit de vérifier les incongruités qui crèvent les yeux dans ces études), nous devons sans état d’âme mettre ces études à la poubelle.
Je ne vais pas commenter les commentaires alambiqués des commentateurs de Prescrire. Pourquoi ? Pour deux raisons principales :
1) soit ils se réfèrent aux études et synthèses publiées dans les grande revues anglo-saxonnes (Lancet et autres), sans en faire la critique. Ils ne les critiquent pas parce qu’ils ne comprennent pas vraiment le processus de production mais surtout, ces études étant leur seule source d’information, ils scieraient la branche sur laquelle ils sont assis puisque c’est de leur lecture qu’ils tirent leur utilité de rédacteur, et leurs abonnés ;
2) soit ils ne se réfèrent pas aux études et dogmes officiels, mais n’étant pas eux-mêmes des investigateurs et des scientifiques (épidémiologistes, physiologistes, pharmacologistes…) compétents, leurs commentaires sont d’une exécrable naïveté. Le meilleur exemple de cette incapacité à dominer leur sujet (à propos des statines) est dans leur façon de rapporter les effets adverses des statines : on touche là au ridicule ! Ils auraient pu, au minimum, lire mon splendide ouvrage L’horrible vérité sur les médicaments anticholestérol. Ils auraient eu les explications et la bibliographie ; c’était trop demander…
Quel est l’avenir de Prescrire ?
Il ne reste plus à ses rédacteurs qu’à faire semblant de ne pas avoir compris que les articles qu’ils lisent dans les revues anglo-saxonnes sont de la vulgaire propagande quand il s’agit de produits de santé (80% au moins du contenu des revues). Mais peut-être n’ont-ils vraiment pas compris ?
Peu importe ! Faire semblant c’est faire du spectacle ! C’est très vilain !
Ils peuvent aussi faire les perroquets ! Mais un perroquet ne chantera jamais mieux qu’une cantatrice, qu’elle chante faux ou qu’elle soit chauve !
Dernière et terrible question : Prescrire est vraiment libre de tout lien d’intérêt ?
Quoique je n’ai pas une confiance totale dans le site ministériel de “transparence” [je crains plus les manques que les “abus”…], on m’a fait passer le document ci-dessous.
Ce serait bien que Prescrire s’explique ; ou au moins nous explique où est l’erreur. Faute de quoi, nous comprendrions pourquoi Prescrire est si indulgent avec les statines et autres médicaments anticholestérol. Il s’agit sans doute d’une erreur.
Si tel n’était pas le cas, Prescrire aurait bénéficié de subventions de Sanofi-Pasteur ; renvoyant toutes les futures analyses de Prescrire sur les vaccins au rang de “suspectes”…
Vaudrait mieux que Prescrire ne dise rien sur les vaccins !
Prescrire
 
 
 
 
 

Le naufrage de la médecine scientifique

 
Le Code de Santé Publique exige dans son article 32 [le médecin s’engage à assurer personnellement au patient des soins consciencieux, dévoués et fondés sur les données acquises de la science…] que nous pratiquions la médecine selon les meilleurs critères scientifiques.
Ce n’est pas seulement une nécessité médicale pour rendre le service attendu par les patients et les familles, ce n’est pas seulement une cruciale question éthique, c’est donc une exigence juridique.
De quoi s’agit-il ? Est-ce possible ?
Deux questions fondamentales pour nous tous qui sommes, sinon “des malades qui s’ignorent” selon un fameux aphorisme, au moins inéluctablement des futurs patients : avec l’âge, hélas, tout arrive…
Pratiquer une médecine “fondée sur les données acquises de la science” requiert au minimum de connaître les données acquises de la science. C’est une première réponse à la 1ère question.
Mais qu’est-ce que la science médicale ? La Médecine basée sur les preuves (EBM ou Evidence Based Medicine, en anglais) diront certains.
Par exemple, certains pétitionnaires récemment se gargarisaient d’EBM pour condamner les médecines et thérapies complémentaires. Savent-ils de quoi ils parlent ? Ils pensent savoir mais, s’ils savaient vraiment, ces “idiots du village EBM” n’auraient jamais signé cette pétition stupide.
Selon des informations confidentielles, l’AIMSIB consacrera une session spéciale aux définitions de la médecine scientifique lors de son meeting annuel à Toulouse en Octobre 2018.
Deuxième question : est-il possible de pratiquer cette médecine dite scientifique ? Comme l’indique la réponse à la 1ère question, il faut déjà en avoir une connaissance minimale, quelle que soit la définition qu’on lui donne.
Les praticiens modernes ont-ils cette connaissance minimale ?
La réponse (que je connaissais intuitivement à cause de mes rocambolesques démêlés avec quelques sommités académiques et très récemment en admirant le pitoyable spectacle donné par les experts vaccinalistes) m’est confirmée par un récent éditorial publié sur le site MEDPAGE Today le 28 Mars 2018 (ci-dessous).
MiltonPacker1
 
 
 
 
 
 

Que nous dit le confrère américain ?

Que les jeunes médecins américains ne lisent plus les articles scientifiques publiés dans les grandes revues médicales. Le confrère (une sommité cardiologique) se demande si publier des rapports d’études ou d’expériences ou des analyses complexes n’est pas pour lui du temps perdu ou gaspillé (wasting time). Effectivement, si seule une infime minorité le lit, à quoi ça sert ?

Question suivante : pourquoi ne lisent-ils plus ? Ni sur papier ni sur écran, ils ne lisent pas. Ni les titres, ni les résumés, ni les commentaires : rien !

Selon le confrère, je résume, les raisons sont diverses et… poignantes :

1- c’est difficile à comprendre et interpréter : donc trop long ; pas le temps ;

2- une fois un message compris et interprété, un message contradictoire paraît la semaine suivante : qui croire ? A quoi sert d’en lire un ou deux, sachant que d’autres experts diront le contraire ou autre chose.

3- mieux vaut suivre les “recommandations officielles” (ou guidelines) car, si on ne comprend pas vraiment, on pourra toujours dire qu’on a été discipliné et ainsi plaider non coupable en cas d’accident.

Totalement désillusionnés nos jeunes confrères… Non seulement ils admettent avoir été mal formés, mais ils n’ont pas le temps de s’améliorer.

Le collègue américain a d’abord pensé que c’était une question de générations et que les plus jeunes rejoindraient bien vite la cohorte des plus âgés et plus rigoureux. S’il m’avait demandé à propos des Européens, je lui aurais répondu que c’est presque pire avec les plus âgés car ceux-là ont l’illusion de comprendre et d’interpréter objectivement.

Il suffit de discuter la question des liens d’intérêt pour apercevoir que les plus âgés (>45 ans) sont de leur côté totalement illusionnés

Conclusion : le système est mort ; et les éditeurs des revues médicales le savent : plus personne ne s’abonne et ces revues survivent (mollement) des subsides versés par l’industrie ; de gré ou de force, elles en deviennent totalement dépendantes : mord-on la main qui nous nourrit ?

Ainsi tous les grands journaux médicaux et scientifiques se font les bons communicants de l’industrie des produits de santé tout en cherchant à donner l’apparence de l’indépendance : La Société du Spectacle dans toute sa flamboyance contemporaine ! Personne n’est dupe, mais on fait semblant, poliment.

Ce faisant, ils donnent raison à tous nos jeunes confrères : à quoi sert de lire de la vulgaire propagande publicitaire déguisée en science médicale ?

Une fois de plus, c’est donc la jeunesse qui a raison : négliger la médecine scientifique telle qu’elle est servie actuellement est simplement, et à leurs yeux, logique. Le temps est précieux, autant l’occuper à des choses utiles.

Qu’on me comprenne bien : ce n’est pas le principe et les règles basiques de l’EBM qui sont contestés, c’est leur détournement systématique à des fins commerciales ou politico-administratives  ; comme le montrent parfaitement les controverses à propos des statines et des vaccins. Mieux vaut être bête et discipliné que ferrailler contre des adversaires sans tête !

Ce qui pose trois problèmes :

1- dans cet océan de nullités et de banalités, il y a quand même les trésors de la médecine de demain (si on croit encore un peu à l’avenir de l’humanité et de la civilisation) : comment les identifier ?

2- comment allons-nous sortir de cette impasse ?

3- comment pratiquer une bonne médecine aujourd’hui si les recommandations (les fameuses guidelines) supposées scientifiques ne sont pas crédibles ?

Comment font-ils, ces jeunes médecins pour respecter l’article 32 ou son équivalent US ?

Demandez-leur !

Ci-gît en partie la crise des systèmes de santé dont la traduction est simple : on leur fait confiance, ici et ailleurs, que quand on ne peut pas faire autrement… Jusqu’à passer des nuits dans les brancards des Urgences, en attendant…